• Va t ‘en foutre du pro...

     

    “Désespérance est mot courant aujourd’hui, au désespoir de notre quotidien, je me questionne d’ailleurs souvent sur sa finalité.”

    J’ai 26 ans et j’ai l’impression que le monde dans lequel je vis ne m’appartient pas, je le soupçonne d’ailleurs de ne plus avoir d’âme., que dalle, nada et ça m’fout les boules.

    On dirait un asile de fou en liberté, et le monde entier est devenu un asile de fou…

    Et pourtant de l’espoir j’en ai quand même un paquet en réserve. J’arrive à croire en moi, pas narcissiquement parlant, juste que je crois en mes choix, mes actes de tous les jours. Je crois aussi à l’ouverture d’esprit, à la tolérance, qui permet d’apprécier, de découvrir un tas de choses extraordinaires, ou plus ordinaires, du geste à la pensée que l’on ne voit pas. Je crois en un monde meilleur, plus juste. je crois aux valeurs française de liberté, égalité, fraternité, à son histoire, un peu moins à son peuple (et je trouve ça dommage). Je crois aux gens qui m’entourent, mes amis, ma famille, à ceux de mon village que je côtoie régulièrement, village, j’ai bien dis village…

     

    J’ai 26ans et je vis à la campagne, en face d’une pâture à vache… mais l’hiver c’est qu’une pâture toute seule. La campagne c’est désespérant, désespérant tellement y a de l’espoir inexploré, méconnu, ignoré, et carrément inexploité. C’est vrai, on n’est pas non plus dans le désert africain, nos ancêtres se nourrissaient de la terre, une terre fertile, pollué certainement de nos jours, mais tellement, et autrement plus fertile d’imagination, de création, de liberté, d’humanisme, de paysage… de paix !

    La campagne, la nature, le trou du cul du monde, on appelle ça comme on veut, c’est d’abord nos racines, nos repères, qu’on le veuille ou non, qu’on décide de l’ignorer ou de s’enfuir, ça changera rien… que fuyons nous d’ailleurs ? la vie de nos arrières parents, notre passé… ?

    Pourquoi ? pour le progrès certain de la mondialisation, celle-ci qui met tout le monde dehors aujourd’hui, qui nous place au rang de consommateur débile, ou encore qui connecte ensemble, au nom valeureux du progrès, nos vies privées, bafouant ainsi l’identité de chacun au profit de quelques prédateurs assoiffés, qu’on appelle les grandes multinationales…

    Extrait d’interview de Andreï Tarkovski

    N. C. : Comment vous situez-vous par rapport à ce qu’on appelle la “modernité” ?

    A. T. : Comme un homme… qui a un pied sur le pont d’un premier bateau, l’autre sur le pont d’un second bateau… L’un des bateaux va tout droit, et l’autre dévie vers la droite. Petit à petit, je me rends compte que je tombe à l’eau. L’Humanité est actuellement dans cette position.

    C’est désespérant qu’aujourd’hui, même à la campagne on ne peut plus vivre de proximité, ou du moins on galère… Leclerc a mangé les petits commerces, la chine absorbée l’artisanat, kinépolis la culture, l’agriculture j’en parle même pas ! c’est comme si la vie rurale n’était plus qu’un fantôme, l’ombre d’elle même. À ceux qui souhaitent garder la convivialité d’antan, deviennent malgré eux résistants de guerre !

    Leurs QG ? y en a plus vraiment… Depuis que la vie de proximité se fait lessivée par la modernité, et par effet domino, au narcissisme ambiant, c’est-à-dire depuis presque plus d’un siècle, on doit pouvoir compter les lieux de rassemblement sur le doigt d’une main ! Même les associations se déclarent la guerre, souvent au sein même de leurs organisations, baignant à leurs tours dans un climat détestable…

    J’ai 26 ans, je vis à la campagne et y a un QG de résistants dans mon village. D’ailleurs c’est le dernier truc qu’y reste dans mon village. Et attention, c’est pas n’importe quoi comme QG, c’est un endroit qui mélange culture et convivialité entre enfants et adultes, de catégories sociales différentes, du retraité aux personnes en activités, de l’ouvrier au prof, du fonctionnaire à l’indépendant, en passant par l’artistique … Peu importe aussi, l’origine ethnique, l’engagement politique, ou la religion qu’on revendique. Rien de tout ça n’est prioritaire. Ça s’appelle la mixité sociale, l’ouverture aux autres, la différence comme priorité, celle à laquelle je crois. Et j’affirme ici à quel point c’est agréable de pouvoir sortir de chez toi, et d’aller librement dans un lieu où personne ne te juge, ne te prend de hauteur ou se méfie de toi. C’est super agréable de pouvoir bien rigoler sur n’importe quel sujet en buvant une bière ou un verre de vin autour d’une table. De discuter d’un film qu’on a aimé, ou d’un livre.

     

    Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi ! et même comment la plupart des gens ont pu oublier ça… (c’est quand même triste à crever)  c’est pas non plus très compliqué d’en avoir une petite idée, genre l’évolution du travail productiviste (et du chômage), l’immersion tête baissé dans le progrès ( médias, smart phone, voiture individuelle, et j’en passe d’autres. ) ou encore, et ça va de concert, l’argent prédominant, qui met en extase jalousie, haine, mensonge…et violence. Hein mr le président!

    L’argent ! j’ai donc 26 ans, je vis à la campagne, et j’ai « choisi » le milieu artistique, l’argent n’est donc pas un but, ( vaut mieux parce que j’ai que dalle) je pense d’ailleurs que l’argent n’est pas une fin en soi, mais un moyen, un moyen de mettre en forme nos objectifs. Jamais dans ma vie, je n’ai adhéré à l’idée que la place sociale se fait par l’argent qu’on possède, ni même par des diplômes. Le problème, et il est là, c’est qu’aujourd’hui quand tu penses ce genre de choses, t’es pas bien vu… de une ! et de deux ta marge de manœuvre est faible. Pour un tas de raisons: pas de diplôme = pas de valeur = boulot à la chaîne ou carrément pas de boulot, parce que de moins en moins de choix, parce que de moins en moins de petites entreprises, d’artisanats, de commerce, de possibilité parce que pas assez compétitifs avec les chinois, parce que trop la misère pour gagner ta vie et que par leurs critères de valeurs, l’administration et les banques « multinationales » ( les seuls qui existent aujourd’hui ) n’estiment plus la confiance qu’ils mettaient en toi, ou plutôt dans tes bénéfices. Ils t’achèvent, te donnent le coup de grâce… 

    T’es coincés ! t’avais des ambitions personnelles, une envie de t ‘épanouir dans ton travail, d’aimer te lever tout les jours au matin avec la pêche, bah remballe, c’est pas l’époque !

    C’est ce pourquoi j’ai l’impression de ne jamais être à ma place nul part.

    Je finis mon introduction, pour dire que j’ai 26 ans, je vis à la campagne, et je trouve que le monde devient complétement barje !

    C’est pour cette raison que inévitablement, et à force de voter du courant d’air à chaque élections, l’envie d’exprimer cette énorme supercherie s’intensifie tout les jours un peu plus, du fond de mes tripes et malgré moi. J’ai tellement d’autres choses plus importantes et intéressantes à faire…

    Je n’exprimerai donc pas ici La vérité, (qui la détient de toute façon!) mais une vérité parmi tant d’autres,  ou simplement une sonorité qui n’a malheureusement pas la chance, la possibilité de s’exprimer dans la vie de tout les jours.

    Extrait d’interview de Andreï Tarkovski 

    Discuter d’optimisme et de pessimisme est idiot. Ce sont des notions videsde sens. Les gens qui se couvrent d’optimisme le font pour des raisons politiques ou idéologiques. Ils ne veulent pas dire ce qu’ils pensent. Comme dit un proverbe russe, un pessimiste est un optimiste bien informé. La position de l’optimiste est idéologiquement maligne, elle est théâtrale, et elle est dénuée de toute sincérité. Par contre, l’espoir est le propre de l’homme. C’est l’avantage de l’être humain. Il naît avec l’espoir. On ne perd pas l’espoir face à la réalité parce qu’il est irrationnel. Il se renforce chez l’homme contre toute logique. Tertulien disait et il avait raison :

     “je crois parce que c’est absurde de croire.”

    L’espoir a plutôt tendance à se renforcer même face au plus sordide de notre société actuelle. Tout simplement parce que l’horreur, tout comme le beau, provoque des sentiments qui, chez un croyant renforcent l’espoir.


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