• Silence

     

    Mes pieds, je danse, si prés de vous, si loin, il n’y a pas si longtemps, dans cette pièce, on était vous et moi, si proche, pour dire presque confondu, à la lueur de la lampe, vous souvenez vous ? …Il suffit d’un soupir, puis plus rien, la lumière s’éteint, s’enfuit, elle se fuit, mais où vas -tu , reviens, te penses-tu étourdis ? Seul, je n’y vois plus rien, tu le sais, reviens, il fait noir. L’obscurité s'éprend, asphyxiant la vue, mon cœur piaffe, et mes larmes presque coulent sur mes joues, où êtes-vous donc  ? J’entends là un souffle anonyme, est-ce vous mère ? parlez-moi je vous en prie, j’ai peur… puis un murmure se fait écho, une douce voix, une mélodie suave, envoûtante, se dévoile sensible et au combien affable, « viens avec moi, viens danser sur mes pas », qui êtes vous ? De sa petite main, me frôle le visage, votre douceur, demoiselle, me rassure, j’ai eu très peur, il faisait si sombre, et maintenant je vous vois. Le pied léger, on valse à droite, à gauche, très lentement on s’envole…et alors, tout autour de moi se met à tourner, vite, trop brusquement, la male tombe au sol et cette chose arrive, une figure sans visage, un visage sans trait, un trait noir sabre l’effroi, sa forme difforme, et ses bras long élastique, m’encerclent, obligé à l’immobile, il m’attache de ficelles à une chaise, les menottes, je ne puis plus rien faire. Je ferme les yeux pour ne pas le voir, je devine déjà une douleur, sur mon dos, ça y est, c’est la fin, il me frappe de fouet, certain, pourquoi faites-vous cela monstre ? Tonne une parole pour me répondre, une langue inconnue, qui me parle, j’ouvre les yeux, un homme frêle, barbe et cheveux grisé donne l’illusion que rien d’autre n’existe, où sont ses yeux, sa bouche ? Il regarde ailleurs, et pourtant il me parle, son dialogue paraît pourtant mécanique, comme si je n’étais personne, je cherche alors l’accroche de son regard, il a entre les mains un carnet, rempli de dessin, que veut-il ? Il tourne les pages, bafouille une histoire à chaque esquisse, personnages mal dessinés, cela semble interminable, veut-il me le vendre ? je dois l’arrêter il me rend fou, sorry, il continu, comprenez vous, je ne comprend pas, i don’t understand, s’il vous plait, un craquement quelque part, détourne nos regards, I’m sorry, il s’en va, comme si rien ne s’était passé. Pris de cet étrange épisode, inexpliqué, je n’avais pas remarqué d’où venait vraiment le bruit, je détourne alors l’esprit, stupéfait d’en voir l’origine, autour de moi s’agite une fête foraine, et faites vos jeux, crie t’on là-bas. J’appelle à l’aide, mais rien ne bouge, les gens ne fonctionnent plus, il n’y a plus un bruit, plus un mouvement, et d’un seul coup, un par un, dérobé, aspiré, inhalé par la terre, chacun s’enfonce dans le sol, il ne reste bientôt plus que moi … mais qui suis-je ?


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